Quelle retraite pour demain ?

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De réforme en réforme, le régime des retraites en France ne parvient toujours pas à l’équilibre. Face à l’impossibilité d’allonger indéfiniment la durée de cotisation ou de relever le niveau de celles-ci, une réduction des prestations s’avère incontournable à l’avenir. Une situation que chacun doit désormais anticiper et qui impose de préparer individuellement sa retraite. Cédric Genet, Conseiller en Gestion de Patrimoine Indépendant fait ici un point sur les incidences en matière de gestion patrimoniale qui découlent de nécessité de préparer sa retraite dès maintenant.

Comment fonctionne la retraite en France à l’heure actuelle ?

Il y a 3 façons de percevoir les revenus à la retraite :

La retraite dite obligatoire liée aux cotisations que chaque actif aura honoré tout au long de sa vie professionnelle.

Les deux autres sont plus liées à l’épargne que les individus auront pu constituer :

La rente viagère, servant des revenus réguliers viagers.

La deuxième liée aux capitaux, qu’ils soient immobiliers ou financiers que les épargnants auront pu constituer.

Dans la partie obligatoire, il y a le régime général et la retraite complémentaire…

Effectivement. Les deux sont liées aux cotisations que chaque actif a pu honorer, qu’il soit salarié, indépendant, chef d’entreprise, profession libéral, commerçant, ou autre. Ces cotisations permettent aujourd’hui de verser des prestations aux retraités actuels. Il s’est installé dans l’inconscient collectif qu’il n’y aurait plus de retraites pour les générations futures : c’est évidemment totalement faux. Il y aura une retraite pour les générations futures.

Avec la crise économique et les craintes qui peuvent surgir, quelle assurance peut avoir un salarié pour avoir une retraite confortable, en dehors de la retraite obligatoire ?

La retraite obligatoire persistera, c’est une certitude. En revanche, personne aujourd’hui n’est en capacité de la chiffrer, et ce pour plusieurs raisons. J’en citerai 3 :

  1. Aujourd’hui, nous avons un allongement de la durée de vie qui fait que nous avons de plus en plus de retraités, donc de plus en plus de prestations à honorer. Mais qui peut savoir où s’arrêtera l’allongement de vie et le nombre de retraités dans notre pays dans 10 ou 20 ans ?
  2. Nous augmentons également la durée de cotisation pour les actifs qui partent à la retraite de plus en plus tard. C’est évidemment lié à l’allongement de la durée de vie, mais aussi pour hausser le volume de cotisations afin d’améliorer les prestations. Le problème, c’est que c’est assez théorique. La réalité économique nous rattrape, et aujourd’hui, quand on regarde les grandes entreprises, on trouve peu de salariés au delà de 58 ans. Il y a une différence entre la volonté de faire travailler des gens jusqu’à 65 ans et la réalité économique.
  3. A l’autre extrême, il y a une entrée plus tardive dans le monde du travail, avec l’allongement des études et le chômage des jeunes. N’est-ce pas là un moyen de dissimuler le fait que l’on ne pourra pas continuer à verser les retraites ?

On ne pourra pas indéfiniment augmenter les cotisations. Si l’on a un volume de prestations de plus en plus important à honorer, la conséquence est évidente : si l’on ne peut pas augmenter le volume de cotisations pour honorer un volume de prestations de plus en plus important, il faudra réduire les prestations. C’est un sujet tabou : personne ne veut en parler, pas plus que ceux qui vont aller à la retraite que les politiques ou autres, mais pourtant c’est un vrai sujet et nous allons devoir envisager une réduction des prestations dans les années à venir.

La réduction des prestations a déjà commencé ?

C’est un sujet que l’on imagine abordé dans les directions des grandes caisses de retraites. C’est un sujet enclenché : la caisse de retraites des médecins a enclenche ce mouvement. Les médecins nouvellement en retraite aujourd’hui reçoivent des prestations inférieures à leurs aînés. C’est une question technique de réductions de points, mais qu’importe la technique, le fait est que la retraite des médecins a diminué.

 Aujourd’hui l’essentiel du tissu économique en France est constitué de PME. Les salariés de ces PME se retrouvent-ils à égalité avec les salariés de grande entreprise qui peuvent bénéficier de dispositifs complémentaires mis en place par l’entreprise ?

Malheureusement non, on n’est pas du tout égalitaire. Les salariés des grands groupes ont des avantages non négligeables par rapport aux salariés de petites entreprises, sur cet aspect-là bien entendu. On estime aujourd’hui que 8% seulement des salariés bénéficient d’un outil de préparation de retraite au sein de l’entreprise et abondé par l’entreprise. C’est évidemment un chiffre bien faible au regard de ce qui est nécessaire. Les gouvernements successifs font des efforts et encouragent les entreprises les plus petites à mettre en place des systèmes d’intéressement ou de participation au sein de leurs entreprises, mais la couverture reste encore très faible.

Quels sont les acteurs qui oeuvent aider les individus ne faisant pas partie de ces 8%, à préparer leur retraite ?

Il y a aujourd’hui le monde de la banque, l’assurance, et les conseillers en gestion de patrimoine. Ce sont les trois grands acteurs qui sont en capacité d’accompagner les individus dans la préparation de leur retraite.

Ont-ils le même métier ou proposent-ils des solutions différentes ?

Les solutions d’un point de vue technique et réglementaire sont à peu près toutes les mêmes : le droit est le même pour tous. En revanche, la capacité de servir un revenu meilleur par le biais d’un rendement plus important n’est pas le même en fonction des différents établissements en capacité de proposer ces produits.

Comment bien choisir son partenaire pour préparer sa retraite ?

De manière générale, indépendamment de la retraite, la gestion de son patrimoine est très individuelle. Elle doit être en cohérence avec son mode de vie, son choix de vie et son niveau de vie. Pour la retraite, c’est exactement la même chose. On voit bien là que les solutions doivent être individualisées. Avant de faire le tour des solutions, il faut d’abord répondre à ses propres questions : « De quoi vais-je avoir besoin réellement ? » pour ensuite trouver les solutions les plus adaptées. C’est facile de trouver les solutions une fois que l’on s’est posé les bonnes questions.

Jusqu’à quand n’est-il pas trop tard pour s’occuper de sa retraite ?

On dit qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, mais ce n’est malheureusement pas forcément vrai en matière de retraite. C’est une évidence : plus tôt on est en capacité d’épargner régulièrement, plus le capital ou la rente à terme seront plus intéressants. On ne peut pas déterminer d’âge précis. Mais il est certain que quelqu’un qui va se préoccuper de sa retraite après 55 ans ne va plus être dans la notion d’effort mais de sacrifices sur les dernières années d’activité pour pouvoir se préparer des jours meilleurs, tant pour sa retraite que pour sa dépendance.

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Auteur

La Rédaction sphere-economique.com

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