Qu’est-ce qu’un fonds d’investissement patrimonial ?

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Combiner prudence et ambition, telle est la vocation du fonds d’investissement patrimonial. Un placement qui peut s’avérer bien plus rémunérateur qu’un placement du type contrat d’assurance en euros mais dont la performance repose beaucoup qualité du gérant du fonds patrimonial.

Qu’est-ce qu’un fonds d’investissement patrimonial ?

Fabrice NeyroumandeUn fonds patrimonial, c’est une solution de placement que l’on peut définir comme une combinaison entre deux choses paradoxales : la prudence et une certaine ambition. Le fonds d’investissement patrimonial vise à capter la tendance positive des marchés, tout en protégeant l’investisseur des aléas du marché et en limitant les potentielles baisses. De ce point de vue-là, on peut dire que c’est une solution de placement qui peut être plus rémunératrice, quand elle fonctionne bien, qu’un placement sans risque comme un contrat d’assurance en euros, avec quand même un peu plus de risque.

Comment est-ce qu’on amortit le risque ?

Il y a différentes façons de procéder. D’abord en diversifiant les actifs. On peut, dans un fonds d’investissement patrimonial, investir à la fois en actions et en obligations. On jouera alors sur une décorrélation entre ces classes d’actifs. Ce qui revient à préférer les actions, quand on pense que le marché est porteur, et préférer le marché obligataire quand on a plus de sentiment positif sur ce dernier. On peut même, et c’est comme cela que nous faisons chez Schelcher Prince, investir sur un fonds patrimonial majoritairement en actifs obligataires, mais profiter de toute la diversité du marché obligataires en se portant sur tel ou tel segment en fonction des phases de marchés. Dans certaines phases de marchés, on préférera les obligations financières, et dans d’autres on privilégiera les obligations haut-rendement ou les obligations convertibles.

En dehors des investisseurs institutionnels, que doit faire le particulier ? Ce n’est pas lui qui opère directement ces choix. Comment peut-il choisir le bon fonds d’investissement patrimonial ?

Il existe au moins deux types de fonds d’investissement patrimoniaux. D’une part, les fonds d’investissements patrimoniaux d’allocations d’actifs, avec une pondération d’actions relativement élevée qui parfois monte jusqu’à 50% d’actions, voire plus. Ces fonds d’investissement ont une volatilité, c’est à dire une variation de la valeur liquidative, la plus élevée. D’autre part, les fonds d’investissements patrimoniaux majoritairement investis sur les marchés obligataires, moins volatiles.

De quelle latitude dispose un gérant de fonds d’investissement patrimonial dans la gestion et la répartition des actifs ?

Le propre d’un fonds d’investissement patrimonial est qu’il faut laisser une grande latitude au gérant, justement pour pouvoir être parfois agressif, lorsqu’il pense que les marchés le justifient, ou au contraire être très défensif quand il s’agit de réduire la voilure.

C’est ce qu’on appelle la gestion flexible ?

Oui, la latitude c’est la flexibilité. On peut la définir comme ça. C’est aussi la capacité à gérer les allocations rapidement.

Quel est l’horizon de placement dans un fonds d’investissement patrimonial ?

En général 3 ans.

A quelles fins le fonds d’investissement patrimonial est-il utilisé ? Au delà de l’horizon à 3 ans, peut-on l’intégrer à un plan d’épargne retraite ?

Le fonds d’investissement patrimonial peut être effectivement être utilisé sur un horizon de placement bien plus long que 3 ans. Généralement on dit 3 ans parce qu’il y a quand même un certain niveau de risque sur un fonds d’investissement patrimonial, qui varie en fonction des fonds, qui fait que sur un horizon plus court, on peut se retrouver avec une baisse de la valeur liquidative. Mais on peut envisager les fonds d’investissement patrimoniaux comme une solution d’investissement durable, y compris pour se constituer une retraite.

Sur la durée, l’investisseur peut, peut-être rester fidèle à cette solution de fonds d’investissement patrimonial, mais changer de gérant ou bien combiner plusieurs gérants. Certains gérants sont meilleurs dans certaines phases de marché et d’autres sont plus adéquats dans d’autres phases de marché.

Justement, comment choisit-on un gérant de fonds d’investissement patrimonial ?

On choisit un gérant sur ses performances passées. Celles-ci ne présagent pas de ses performances futures, néanmoins c’est un indicateur de la qualité du gérant. Ensuite, il faut bien essayer de comprendre le style du gérant. Celui-ci communique et, comme dans tout produit, en fonction de ses affinités personnelles, on va préférer tel ou tel style de gérant.

Mais en Europe, les gérants de fond d’investissement sont moins connus et moins médiatisés qu’aux Etats-Unis par exemple. On a plus une connaissance des différents fonds d’investissement. Comment apprécier le style du gérant ?

Vous avez tout à fait raison. C’est pour cela que dans des pays où les gérants sont très médiatisés, comme aux Etats-Unis ou en Angleterre, il arrive très souvent que ce soit même les particuliers qui choisissent directement le gérant. En Europe occidentale, ce sont les conseillers bancaires ou les conseillers en gestion de patrimoine qui orientent les choix et transcrivent indirectement leurs préférences aux clients. Le client reçoit l’information, même s’il n’a pas la connaissance directe du gérant.

Mais dans les réseaux bancaires, le réflexe naturel du conseiller bancaire n’est-il pas de placer en priorité les produits financiers de l’établissement ?

Vous avez raison en général. Maintenant, de plus en plus dans les réseaux bancaires, et notamment dans le réseau dit « Banque Privée » ou dans ce qu’on appelle la « filière patrimoniale » -qui s’adresse aux investisseurs ayant déjà constitué un certain niveau de patrimoine, sans pour autant être très aisés-, il y a déjà une liberté de choix. Les sociétés de gestion comme la nôtre communiquent vers ces réseaux sur leurs produits, sur leurs performances, sur leurs anticipations de marchés. Et c’est de la qualité de cette communication, mais aussi des performances passées, dont peuvent dépendre les orientations de ces réseaux et la liste des produits mis en avant.

Les investisseurs peuvent aussi passer par des sites en ligne, type Fortuneo ou Boursorama ?

Tout à fait. C’est un exemple de mise à disposition directe de l’information auprès de l’investisseur. On est dans un schéma de communication directe des sociétés de gestion. L’investisseur a à sa disposition toute l’information sur les performances passées, sur la typologie des fonds et, bien sûr comme dans tout espace marchand, il y a de la publicité. Sur ce dernier point, il faut que l’investisseur fasse bon usage des messages qui lui sont adressés et qu’il ne se fie peut-être pas à la publicité trop agressive.

On dit souvent qu’il faut diversifier ses investissements. Le fonds d’investissement patrimonial étant par nature diversifié, un investisseur peut-il envisager, outre son patrimoine immobilier, d’investir tout son patrimoine sur un fonds d’investissement patrimonial ?

Il arrive effectivement que des clients ayant une très grande confiance dans un fonds patrimonial, y investissent une très grosse partie de leurs encours. Ils peuvent aussi diversifier avec plusieurs fonds patrimoniaux. Ils peuvent enfin combiner l’investissement dans un fonds patrimonial, avec des investissements sur des fonds investis dans des classes d’actifs pures, par exemple uniquement sur les actions ou uniquement sur le haut-rendement. Cela à partir des anticipations qu’ils font ou de conseils qui leur auront été donnés par leur conseiller en gestion de patrimoine, par exemple.

Le fonds d’investissement patrimonial est il réservé à des personnes qui ont déjà un minimum de patrimoine constitué ou bien est-ce une solution qui permet aussi de se constituer progressivement une épargne ?

Je me souviens avoir géré il y a longtemps un fonds d’investissement patrimonial. Un fonds qui avait une dominante monétaire, commercialisé par le réseau de distribution d’une grande surface. Sa cible était surtout constituée d’étudiants et de jeunes actifs qui pouvaient commencer à économiser un peu. Cet exemple montre qu’on peut même investir des montants limités dans un fonds patrimonial. Il n’y a quasiment pas de minima. On peut acheter une part à 100 €.

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Auteur

Fabrice Neyroumande

Responsable de la distribution externe chez Schelcher Prince Gestion Diplômé d'Audencia en 1993. Gérant taux chez JP Morgan Gestion de 1994 à 1998. A occupé diverses fonctions chez Allianz Global Investors à Paris et Munich, notamment Directeur Commercial France de 2006 à 2009 et Responsable des solutions d’investissements de 2010 à 2012. Il a rejoint Schelcher Prince Gestion en juillet 2012 en tant que Responsable de la Distribution.

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