Qu’est-ce qu’un fonds d’investissement Haut Rendement ?

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Nous poursuivons ici notre panorama des fonds d’investissements. Après le fonds d’investissement patrimonial, Fabrice Neyroumande nous présente ici le fonds d’investissement Haut Rendement. Des fonds constitués d’obligations Haut Rendement, une classe d’actifs qui s’est un peu démocratisée depuis sa création en Europe en 1997.

Qu’est-ce qu’un fonds d’investissement Haut Rendement ?

Fabrice NeyroumandeUn fonds d’investissement haut-rendement (ou High Yield, dans le monde anglo saxon) est composé d’obligations Haut Rendement. Les obligations Haut Rendement sont des obligations d’entreprises qui ont une surface financière plus limitée, donc un niveau d’endettement plus important et une qualité de crédit plus faible. Pour toutes ces raisons, elles vont apporter aux investisseurs qui les achètent, un supplément de rendement. Partant de là, vous pourriez me dire que ce sont des obligations risquées. Il est vrai que si vous en achetez une seule, votre niveau de risque est relativement élevé. D’où l’intérêt d’un fonds d’investissement Haut Rendement géré par un spécialiste et diversifié sur un certain nombre d’obligations Haut Rendement. Avec cette diversité de titres en portefeuille, la qualité et la spécialisation du gérant, on peut capter le supplément de rendement de cette classe d’actifs avec un risque plus limité.

A qui s’adressent ces fonds haut-rendement ?

Quand on regarde la typologie des détenteurs de fonds Haut Rendement, ce sont des investisseurs institutionnels, ou plus globalement, professionnels (par exemple des fonds de fonds). Ils sont majoritaires dans la détention des fonds Haut Rendement. A l’origine c’étaient les seuls acheteurs. La classe d’actifs, depuis qu’elle a été créée en Europe en 1997, s’est un peu démocratisée. Il arrive que des particuliers, un peu avertis, se soient intéressés à cette classe d’actifs et aient choisi le fonds d’investissement Haut Rendement en alternative à un fonds obligataire moins rémunérateur ou même à un fonds d’investissement en actions. Le fonds d’investissement Haut Rendement constitue une autre façon de jouer les entreprises : plutôt que d’acheter l’action et de parier sur une hausse du marché actions, l’investisseur joue un rendement plus élevé avec comme risque le défaut. Dans ce dernier cas, il espère que le gérant saura se couvrir par la diversification de son fonds et éviter les défauts par la qualité de ses analyses et des analystes qui le conseillent.

Si le fonds d’investissement Haut Rendement est perçu par l’investisseur en quête de rendement comme une alternative au marché actions, y-a-t-il des périodes ou des signaux de conjoncture qui l’incitent à se porter sur les fonds d’investissement en obligations Haut Rendement ?

Après une crise du marché du crédit, le Haut Rendement est très intéressant. Les écarts de taux entre les obligations Haut Rendement et les obligations sans risque sont particulièrement élevés. Par exemple, après la crise de 2008 ou la crise de la zone euro de 2011, les fonds d’investissement Haut Rendement ont fait en 2009 et 2012 des performances très importantes, parfois supérieures à celles du marché actions. Souvent, on a tendance à dire qu’après une crise, dans le tout début de la période post-crise, c’est d’abord le crédit qui est intéressant. Ensuite, lorsque la reprise économique s’amorce, il y a une transition des investisseurs et de la valeur du marché du crédit vers le marché actions. C’est un phénomène qu’on constate souvent.

Si je suis à la recherche du rendement, j’ai cette option, mais j’ai aussi l’option de me porter sur des obligations convertibles pour pouvoir amortir le risque et bénéficier, le cas échéant de la croissance de la valeur des actions d’entreprises qui ont contracté de la dette au travers d’obligations convertibles. Ces deux options d’investissement sont elles complémentaires ? S’agit-il plutôt d’un choix de style de gestion, de perception du management du risque ?

Avec l’obligation convertible, vous allez jouer à la fois le crédit comme dans une obligation – et d’ailleurs la moitié des obligations convertibles sont émises par des entreprises classifiées Haut Rendement – et l’indexation sur le marché actions. Il y a un certain rapport entre ces deux classes d’actifs. Le seul point c’est que sur l’obligation convertible, l’investisseur concède une part du rendement en échange d’une indexation sur la croissance de la valeur de l’action. Ainsi, par exemple, une obligation Haut Rendement qui rapporterait 5%, ne rapporterait que 2,5% en format convertible, mais avec en plus une indexation de 50% sur la hausse de l’action.

Imaginons qu’on soit dans une période économique très difficile et que beaucoup d’entreprises fassent défaut. Peut-on sur un fonds Haut Rendement s’inscrire dans une logique de pertes durables, ou bien est-il possible de limiter à moyen terme les perspectives de pertes ?

Vous n’échapperez pas dans une période de crise et de faillites d’entreprises à des défauts d’entreprises. Dans ce contexte, les fonds Haut Rendement afficheraient de mauvaises performances. En même temps, vous pourriez après une crise, profiter de la prime de risque que demandera tout créancier pour une obligation et avoir des taux de rendement qui seraient très positifs. Mais probablement, face à des anticipations de taux de défaut qui montent, il faudrait réduire son exposition à cette classe d’actifs.

Les obligations Haut Rendement constituent donc excellent produit de sortie de crise…

Oui, c’est un excellent produit de sortie de crise.

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Auteur

Fabrice Neyroumande

Responsable de la distribution externe chez Schelcher Prince Gestion Diplômé d'Audencia en 1993. Gérant taux chez JP Morgan Gestion de 1994 à 1998. A occupé diverses fonctions chez Allianz Global Investors à Paris et Munich, notamment Directeur Commercial France de 2006 à 2009 et Responsable des solutions d’investissements de 2010 à 2012. Il a rejoint Schelcher Prince Gestion en juillet 2012 en tant que Responsable de la Distribution.

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