Comment choisir un fonds d’investissement ?

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Pour choisir un fonds d’investissement, l’investisseur institutionnel ou particulier doit d’abord définir s’il souhaite laisser carte blanche au gérant du fonds, en échange d’un résultat attendu, ou bien s’il souhaite choisir lui même une classe d’actifs spécifique et pour cela rechercher un gérant spécialisé dans celle-ci. Voici quelques conseils de Fabrice Neyroumande, Responsable de la distribution externe chez Schelcher Prince Gestion.

Lorsque l’on souhaite investir dans un fonds d’investissement, quels sont les choix qui se présentent pour l’investisseur ?

Fabrice NeyroumandeLorsque l’on s’adresse à une société de gestion, que l’on a l’idée d’acheter un fonds d’investissement, on a un choix fondamental à faire : est-ce que l’on s’attache surtout à un résultat, du type « j’espère avoir tant de % par an », ou bien est-ce qu’on s’intéresse davantage au processus.

Dans le premier cas, l’investisseur va choisir un gérant en lui disant « ça va être votre travail de le faire, appliquez vos méthodes, je ne vais pas tout regarder, ce qui m’intéresse c’est le résultat ». Pour cela, il se tournera plutôt vers les fonds d’investissement patrimoniaux. Des fonds flexibles où il y a une grande liberté d’allocation laissée au gérant, entre classes d’actifs et entre segments. C’est une démarche qui peut être qualifiée de sous-traitance complète.

La seconde démarche consiste à s’intéresser davantage au processus. L’investisseur va d’abord s’intéresser à l ‘économie et à l’évolution des marchés. A partir de là, il peut par exemple se dire « il est possible que cela soit une bonne année pour les actions, ou pour le crédit, donc il faut que j’aie une allocation crédit conséquente. Il faut que je trouve un gérant performant ». A ce moment là, il fera un choix bien précis, par exemple sur un fonds d’investissement à haut rendement. Dans ce cas du haut rendement, le travail du gérant, par exemple chez Schelcher Prince, sera alors de faire mieux que la classe d’actif haut rendement.

Néanmoins la première décision, qui est la plus importante, c’est le client qui l’a prise. Dans l’exemple ci-dessus, il a fait le choix d’aller sur le haut rendement. Or, si le haut rendement venait à évoluer négativement, ce serait compliqué, même pour un excellent gérant, de faire une performance positive sur son fonds d’investissement. Donc l’objectif du gérant c’est de faire un peu plus que la performance moyenne de la classe d’actifs. Toutefois, le premier choix, la décision d’allocation, a été fait par le client.

Donc pour résumer les deux possibilités, on a le choix entre la sous-traitance complète et le choix d’un spécialise en fonction de l’allocation que l’on a faite.

Si on prend le premier choix, celui de la sous-traitance complète, on peut dire que c’est un choix philosophique ?

Oui, il y a deux mots qui nous plaisent ici chez Schelcher Prince, c’est l’expression « carte blanche ». Dans ce cas, en fonction des compétences et des spécialités que l’on a, on alloue sur l’ensemble des segments du crédit ou du marché obligataire, mais le client va surtout regarder le résultat…

Justement, cette carte blanche est-elle une garantie de résultat ?

Ce n’est pas une garantie de résultat. Mais ce qui peut augmenter les chances de résultat probant, c’est de prendre un gérant qui a un bon track record et qui va allouer sur des segments qu’il connaît. Il y a un lien entre les spécialités qu’il a et ce qu’il va faire dans le fonds d’investissement « carte blanche ». On peut optimiser les chances de succès avec cette démarche, mais si on prend les fonds flexibles et patrimoniaux, certains ont des performances satisfaisantes et d’autres n’en ont pas.

Que se passe t-il lorsque l’on n’a pas de résultats satisfaisants ?

Il y a deux solutions : soit on change de gérant, soit on se dit que le gérant n’a pas eu une phase favorable par rapport à ses décisions et ses expertises. Dans ce cas là, on peut choisir de le conserver en espérant que la phase suivante sera meilleure.

Par rapport à ces choix, est ce qu’il y a un niveau différent de compétence de la part des investisseurs ?

Spontanément, on pourrait penser que les clients institutionnels préfèrent avoir une allocation très maîtrisée et choisir des spécialistes à l’intérieur de cette allocation, tandis que les clients particuliers préfèreraient laisser carte blanche.

Ce que l’on constate dans la réalité, c’est qu’un même client peut faire les deux choix simultanément. Sur une partie de son portefeuille, il va dire « je n’ai pas trop d’idées sur le marché mais là je voudrais un rendement ». Il va alors prendre 4 ou 5 gérants dont l’objectif, avec un fonds d’investissement flexible, sera d’arriver au rendement désiré. Puis sur le reste du portefeuille il va faire lui-même ses choix d’allocation et sélectionner un spécialiste pour chaque segment.

Les clients particuliers font la même chose. Ils vont faire un choix bien précis sur un fonds action ou un fonds convertible et, à côté de cela, ils vont prendre un fonds plus généraliste, plus flexible dans lequel ce sera un gérant qui fera lui-même le choix des classe d’actifs.

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Auteur

Fabrice Neyroumande

Responsable de la distribution externe chez Schelcher Prince Gestion Diplômé d'Audencia en 1993. Gérant taux chez JP Morgan Gestion de 1994 à 1998. A occupé diverses fonctions chez Allianz Global Investors à Paris et Munich, notamment Directeur Commercial France de 2006 à 2009 et Responsable des solutions d’investissements de 2010 à 2012. Il a rejoint Schelcher Prince Gestion en juillet 2012 en tant que Responsable de la Distribution.

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